7 mai 2019

Le Conseil de déontologie journalistique a adopté deux avis sur plainte lors de sa réunion d’avril. Une plainte a été déclarée partiellement fondée (Vivacité), la seconde non fondée (SudPresse).

La première plainte, déclarée partiellement fondée (18-11 Divers c. N. Bensalem & B. Maréchal / Vivacité), visait l’émission «C’est vous qui le dites » (Vivacité / RTBF) qui avait invité ses auditeurs à répliquer à des propos polémiques sur le viol. Les 45 plaignants, qui s’étaient initialement adressés au CSA, estimaient notamment que la manière dont le débat avait été organisé portait atteinte au droit des victimes et à la dignité humaine car elle banalisait le vécu des victimes en associant le viol à la notion de plaisir. Dans son avis, le CDJ a d’abord rappelé la liberté, pour le média, d’organiser un débat avec ses auditeurs sur cette question devenue d’intérêt général en raison de sa médiatisation préalable. Ensuite, s’il a constaté que dans son ensemble l’émission ne pouvait objectivement paraître avoir pour intention de minimiser ou banaliser le viol, ni porter atteinte à la dignité humaine, il a cependant relevé que le média n’avait pas pris suffisamment la mesure de la gravité du sujet et de son impact prévisible sur le public dans la formulation de la question qui invitait les auditeurs à réagir. En l’occurrence, il a constaté qu’en omettant d’accompagner la question d’un bref éclairage documenté sur la réalité et la complexité du phénomène mis en avant, et d’un avertissement préalable sur le caractère criminel du viol, il n’a pas permis aux auditeurs d’en prendre la totale mesure. Il en a conclu que le média et l’animateur n’avaient pas respecté, dans l’énoncé de la question qui lançait le débat, le préambule (responsabilité sociale) ainsi que les art. 3 (omission d’information) et 4 (prudence) du Code de déontologie journalistique.

La deuxième plainte, déclarée non fondée (18-29 Divers c. F. de H. / SudPresse), portait sur un article de Sudpresse consacré aux données relatives aux visites domiciliaires chez les chômeurs suspectés de fraude. Les plaignants estimaient principalement que les titres (« Un chômeur sur trois pris en défaut ») des éditions papier, digitale et en ligne déformaient les faits, stigmatisant ainsi les chômeurs. Dans son avis, le CDJ a constaté que le titre de l’article papier, associé au pré-titre et au sous-titre (titraille), permettait au lecteur de comprendre que les chômeurs pris en défaut l’étaient dans le cadre de visites domiciliaires. Il en a conclu que la titraille respectait les faits, ne déformait pas les données mises en avant dans le compte rendu qu’en donnait la journaliste et ne stigmatisait donc pas les demandeurs d’emploi. Il a noté qu’il en allait de même pour le titre de Une et celui des éditions en ligne et digitales qui, en dépit de leur spécificité, restaient conformes aux données reprises dans l’article.

Fin avril, 42 plaintes étaient en traitement au Conseil de déontologie journalistique.

Les avis complets sont accessibles aux pages suivantes:

Avis 18-11

Avis 18-29