2018 : un record de plaintes et de dossiers pour les 10 ans du CDJ

//2018 : un record de plaintes et de dossiers pour les 10 ans du CDJ

2018 : un record de plaintes et de dossiers pour les 10 ans du CDJ

2 avril 2019

Le CDJ fêtera ses 10 ans dans le courant du second semestre 2019. Un anniversaire qui met en lumière les réalisations de l’instance dont l’intérêt pour le public ne se dément pas avec les années. La preuve par le bilan 2018 marqué par la hausse croissante des plaintes, des demandes et des dossiers.

En 2018, le CDJ a reçu et traité 161 plaintes et a ouvert 77 dossiers d’instruction. L’instance d’autorégulation a ainsi enregistré un nouveau record d’activités. Le dernier datait de 2016 : 129 plaintes avaient alors été dénombrées et 76 dossiers ouverts. Pour rappel, jusqu’en 2015, l’instance recevait environ 90 plaintes par an et ouvrait une cinquantaine de dossiers. Depuis, l’intérêt du public pour la qualité déontologique de l’information ne s’est pas démenti, boosté par un environnement médiatique où la fiabilité et la crédibilité des informations sont devenues des enjeux majeurs de société. Cette exigence grandissante du public pour les contenus d’information a cependant trahi plus souvent qu’avant une certaine méconnaissance du travail journalistique : près de 50% des plaintes entrantes (80 sur 161) ont ainsi été jugées irrecevables en 2018, la plupart du temps en raison de l’absence d’enjeux déontologiques. Le CDJ a pris le temps, dans ces différents cas, d’expliquer aux plaignants que le journalisme est affaire de droits autant que de devoirs.

Début 2019, 46 des 77 dossiers ouverts en 2018 étaient toujours pendants, 14 étaient résolus par médiation, 6 classés sans suite et 15 avaient fait l’objet d’un avis du Conseil qui s’était également prononcé sur 21 autres dossiers issus de l’arriéré de 2017. Le Conseil a ainsi remis en 2018 un total de 36 avis auxquels s’ajoutait encore un avis interprétatif portant sur l’identification des mineurs d’âge. A la différence de l’an dernier, la part des avis déclarés fondés a dépassé la barre des 50% (57%). Aucun phénomène particulier n’explique cette hausse qui touche essentiellement l’arriéré de 2017 dont certains dossiers étaient particulièrement complexes. On observe aussi que les avis déclarés fondés en 2018 le sont plus souvent partiellement : un reproche sur deux mentionnés à l’ouverture du dossier n’est pas concrétisé. Enfin, d’année en année, les griefs jugés fondés attestent d’un ajustement progressif des pratiques des journalistes et des médias. A titre d’exemple, 2018 voit les questions relatives au droit à l’image et aux généralisations abusives diminuer tandis que trois autres articles du Code de déontologie journalistique sont plus souvent évoqués : le défaut de rectification rapide et explicite, l’absence de droit de réplique, les approximations et défaut d’enquête sérieuse.

Sur le volet prévention, formation et pédagogie, le CDJ enregistre un nombre de demandes d’information (106) qui, s’il est constant, reste néanmoins important. Ces interventions ont en 2018 essentiellement porté sur le fonctionnement de l’institution, les relations avec les sources, les problèmes d’identification, les conflits d’intérêt, les élections… L’instance a également été sollicitée à plusieurs reprises à l’international où son modèle, qui regroupe journalistes, médias et société civile, interpelle : audition dans le cadre de la mise en place d’un conseil de presse français, participation aux premières assises du journalisme à Tunis, contribution active à un projet européen d’implémentation des codes de déontologie journalistique au sein des médias de services public des Balkans…

Les données 2018 confirment donc la réussite du pari de l’autorégulation lancé en 2009 par la profession. Anniversaire aidant, plusieurs chantiers se dessinent pour traiter les enjeux que ces chiffres révèlent et qui se cristallisent autour de la confiance à accorder aux médias d’information, qu’ils soient historiques ou nouveaux entrants. Sans oublier une nécessaire réflexion interne sur les conséquences qu’entraîne l’augmentation structurelle des plaintes, des demandes et des dossiers sur le délai de traitement des dossiers… Ces 10 ans marquent donc un véritable tournant dans l’histoire de l’instance.

Consulter le rapport annuel : https://lecdj.be/telechargements/CDJ-Rapport-Annuel-2018.pdf

2019-04-02T09:29:31+00:00