A qui s’adresse le Conseil de déontologie journalistique ?
Au public, aux journalistes et à leur hiérarchie, aux futurs journalistes. Le public peut demander des informations et introduire des plaintes. Les journalistes et leurs hiérarchies peuvent s’informer sur les pratiques les plus adéquates à mettre en œuvre face à des situations concrètes ou des défis nouveaux. Enfin, les écoles et facultés de journalisme peuvent trouver au CDJ un appui pour renforcer l’enseignement de la déontologie.

Tous les journalistes, de tous les médias, sont-ils concernés ?
Oui. En Belgique, le journalisme n’est pas un métier protégé, comme l’est l’architecture ou la médecine. S’exprimer publiquement est un droit humain fondamental. Mais exercer un droit entraîne des responsabilités. Celle de respecter les règles légales, bien sûr, mais aussi les règles déontologiques, internes à une profession. Les obligations déontologiques constituent une protection pour le public contre des informations faussées, partisanes, ou influencées par des intérêts commerciaux par exemple. Elles concernent dès lors tous ceux qui diffusent de l’information de type journalistique, quel que soit le support (écrit, radio, télévision, internet…) ; pas seulement ceux qui ont une carte de presse, sont membres d’une association professionnelle de journalistes ou travaillent dans des médias ayant pignon sur rue. Le décret de la Communauté française du 30 avril 2009 donne une base juridique à l’action du CDJ.

Le CDJ, une contrainte de plus pour les journalistes ?
Non. Beaucoup de journalistes souhaitent soit se sentir soutenus dans leur volonté de respecter la déontologie alors que les conditions d’exercice du métier changent (rapidité, concurrence, nouvelle technologies…) ; soit trouver des éléments de réponse à des questions nouvelles qu’ils se posent à propos de la déontologie. Ce sont là les premières missions du CDJ.
Même dans les cas de plainte, le CDJ n’est pas un « tribunal » pour journalistes, mais un guide dont l’objectif est d’améliorer les pratiques en vigueur au regard de la déontologie. Il privilégie la médiation. Un avis estimant une plainte fondée risque d’être désagréable pour le/la journaliste concerné(e), mais résonnera surtout comme un appel à ne plus reproduire des manières de faire non conformes à la déontologie.

Si je m’estime lésé, comment faire ?
Première étape : s’adresser au média concerné pour chercher une solution amiable : correctif, droit de réponse, courrier des lecteurs, opinion… Si cela ne marche pas, s’adresser au CDJ par fax, courrier postal ou électronique, soit pour demander des informations, soit pour porter plainte. La plainte doit contenir tous les éléments nécessaires pour apprécier le cas. Elle doit être introduite en français ou en allemand.
Le CDJ proposera alors une médiation aux parties concernées. En cas d’échec, il étudiera le dossier pour conclure au caractère déontologique ou anti-déontologique de la pratique mise en cause.
Précision : il ne suffit pas qu’une personne s’estime lésée par un(e) journaliste pour qu’il y ait une faute déontologique. Le journalisme est une activité à vocation dérangeante.

Quelle garantie ai-je d’un traitement indépendant de ma plainte ?
Le CDJ n’est pas un organe de défense des journalistes contre le public, ou de justification à tout prix de leurs pratiques. Il est composé de professionnels des médias (journalistes, éditeurs, rédacteurs en chef) et de personnes extérieures à la profession (profs d’universités, avocats, membres d’association, magistrats…). L’expérience journalistique du secrétaire général du CDJ combinée à sa formation juridique constituent aussi une garantie d’équité tant pour les plaignants que pour les journalistes.
La première étape de la procédure est une démarche de médiation. Ensuite, lors du traitement du dossier, le CDJ peut rencontrer les parties pour entendre leurs arguments. Et ses avis doivent être motivés.

Le CDJ peut-il sanctionner des journalistes ?
Juridiquement et financièrement, non. Moralement, oui. Le CDJ n’est pas un tribunal condamnant à des dommages et intérêts, et moins encore à une exclusion de la profession. L’autorité morale du CDJ réside notamment dans le fait que les journalistes sont des personnages connus du public, qui tiennent à leur crédibilité, et dont la majorité est très sensible à la conscience professionnelle. Etre sanctionné, même moralement, pour une faute déontologique risque de porter atteinte à cette crédibilité et à cette conscience. L’autorité morale du CDJ aide les journalistes à agir préventivement, en évitant toute pratique anti-déontologique.
En aucun cas, le CDJ ne peut ni ne veut empêcher la publication d’un article ou la diffusion d’une séquence.

Le CDJ, un organe politique ?
Un triple dispositif garantit l’indépendance du CDJ :

  1. la Communauté française ne finance pas directement le CDJ mais bien l’ASBL qui a créé le CDJ, et elle le fait pour moitié seulement, à travers l’Association professionnelle des journalistes. Le CDJ prend ses décisions en toute liberté ;
  2. aucun mandataire politique ou membre d’un exécutif ne peut être membre du CDJ ni administrateur de l’ASBL ;
  3. tout cela, y compris le montant de la subvention de la Communauté française, est inscrit dans un décret du Parlement, et non dans un simple arrêté ministériel, ce qui confère au système une plus forte garantie de pérennité.