23 décembre 2016

Le Conseil de déontologie journalistique a adopté quatre avis sur plaintes en décembre lors de sa dernière réunion plénière de l’année 2016 : l’une est fondée (La Meuse Verviers), deux le sont partiellement (La Dernière Heure, RTBF) et une quatrième ne l’est pas (La Dernière Heure).

La première plainte, déclarée fondée (16-23 X c. V. Marche / La Meuse Verviers), visait un article qui, sur base d’un témoignage indirect, relatait la mésaventure d’un supporter refoulé du stade de Manchester City au prétexte qu’il était belge. Ce supporter avait déposé plainte au CDJ car la plupart des faits, exagérés, étaient erronés. Il estimait également que l’article qui diffusait son prénom, son nom et son image portait atteinte au respect de sa vie privée. Dans son avis, le CDJ a relevé que le média avait méconnu les articles 1 (respect de la vérité / vérification) et 4 (prudence / approximation) du Code de déontologie journalistique. Bien que rien n’ait confirmé les propos de la personne ayant relaté l’incident, le média les avait jugés fiables, à tort, et les avait relayés en les reprenant à son compte. Le CDJ a également estimé que la publication du nom et de la photo du supporter ne respectait ni la directive du CDJ sur l’identification ni le droit à l’anonymat qu’il avait pourtant sollicité.

Dans l’une des deux plaintes déclarées partiellement fondées (16-34 A. Deswaef et Ligue des droits de l’Homme c. G. Dupont / La Dernière Heure), le CDJ a jugé que le reproche formulé à l’encontre de A. Deswaef, président de la Ligue des droits de l’Homme, d’avoir tu à des fins déterminées une information dont il avait connaissance s’apparentait à une accusation grave qui nécessitait un droit de réplique. Il a également estimé qu’en déformant et omettant dans l’article des éléments qui allaient à l’encontre de cette accusation, le média avait manqué à ses obligations d’enquête sérieuse et de prudence. Un second dossier introduit par le même plaignant à l’encontre d’un autre article de La Dernière Heure (16-33 A. Deswaef et Ligue des droits de l’Homme c. La Dernière Heure) a été déclaré non fondé. L’article contesté rendait compte de la lettre ouverte d’un policier adressée au président de la Ligue des droits de l’Homme en réaction à l’ouverture d’une page Facebook qui appelait à la démission d’un commissaire qualifié de SS. Selon le plaignant, l’article laissait croire erronément qu’il était l’instigateur de la cabale menée contre le commissaire. Le CDJ a estimé que si une certaine confusion était possible, celle-ci n’entraînait pas pour autant d’amalgame. Rien ne permettait en effet d’affirmer à la lecture de l’article contesté ou à celle de la lettre ouverte que le président de la Ligue des droits de l’Homme était l’auteur ou l’un des auteurs de la page Facebook.

La dernière plainte de l’année, déclarée partiellement fondée (plainte 16-45 A. De Deken c. RTBF.be), concernait les corrections qui avaient été apportées à un article en ligne de la RTBF qui rendait compte erronément de propos tenus par le leader de UKIP dans une interview à ITV. Le plaignant reprochait au média de n’avoir pas fait explicitement état de ce rectificatif. Dans son avis, le CDJ a relevé qu’en corrigeant rapidement les faits erronés, la RTBF avait certes rencontré l’article 6 du Code de déontologie (rectification) mais qu’en n’en informant pas explicitement les internautes, il ne l’avait rencontré que partiellement. Le CDJ a rappelé que corriger des faits erronés et en informer en toute transparence le public s’inscrit dans le cadre de la responsabilité déontologique qui contribue à garantir la crédibilité des médias d’information.

Fin décembre, 30 plaintes sont en traitement au Conseil de déontologie journalistique.

Les avis complets sont accessibles sur le site du CDJ aux pages suivantes :

Avis 16-23

Avis 16-33

Avis 16-34

Avis 16-45